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DOSSIER - SANTE
Les malades
mentaux Les damnés de la santé publique
burkinabè
Par Ramata
Soré
A la fois visibles et marginalisés, les problèmes
de la santé mentale mobilisent difficilement les foules au Burkina
Faso. Avec le VIH/Sida, le paludisme ou la tuberculose, l'Etat et
les bailleurs de fonds semblent avoir d'autres chats à fouetter et
pour très longtemps encore... Ainsi, quelque 12 ans après
l'adoption de la loi n°23/94/ADP portant Code de santé publique, le
chapitre sur la protection en matière de santé mentale est riche en
promesses de prises en charge, de mesures de prévention… A
l'heure du bilan, que de déceptions ! De quoi rendre… fou ! Les
malades eux-mêmes, leur famille et les agents de santé sont loin
d'être satisfaits. Du coup, c'est le sauve-qui-peut. Conséquence :
les patients se soignent à deux médecines : occidentale et ou
moderne, d'un côté, traditionnelle et religieuse de l'autre. Des
médecines ayant des principes d'appréhension de la maladie presque
opposés. Ces appréhensions certes complexes, sont une problématique
échappant à tout le monde.
Maladies mentales
Changer de regard
La faiblesse des moyens publics
pour la prise en charge des patients, les stigmatisations de la
société aggravent la souffrance des malades et celle de leur
famille.
Chacun des dix doigts, étranglés dans des anneaux en
fer, est enflé. Au cou, un ensemble entremêlé de colliers fait de
chaînes de motos et de vélos. Son visage émacié semble ne ressentir
aucune douleur. Il se ballade très souvent nu, depuis plus de 5 ans
dans le quartier Somgandé, à Ouagadougou. Avec ce qui lui reste de
mains, levé vers le ciel, il a l'air de demander de l'aide. Le monde
détourne son regard. Aucun secours. Il repart son chemin. Ainsi
se passent les journées de cet homme que tout le monde appelle à
Ouaga et partout au Burkina le "fou". Les médecins modernes, eux,
parlent plutôt de malade mental. Le nombre de malades mentaux,
aucune source n'est en mesure de l'évaluer. "En l'état actuel, nous
ne disposons pas d'une enquête en population générale qui nous
permette de déterminer la prévalence du trouble mental au Burkina
Faso. Néanmoins, l'on peut donner quelques indications. On estime
qu'il y a 10% de la population qui va à un moment ou à un autre de
sa vie faire une maladie mentale ", assure le Pr Arouna Ouédraogo,
psychiatre et chef de service de psychiatrie au Centre hospitalier
Yalgado Ouédraogo. Dans les rues de presque toutes les villes du
Burkina, les personnes mentalement atteintes déambulent. Elles font
parties du décor. Aucune autorité presque ne se soucie de leur
avenir et devenir. "Interner ces malades demandent d'énormes moyens
financiers et humains. C'est à leur entourage de voir comment leur
éviter de se balader en attendant une solution meilleure", concède
un médecin en service au Ministère de la santé. Pourquoi donc
une telle affirmation ? "Depuis 2001, le programme national de santé
mentale existe, mais il ne bénéficie pas de financement.. L'Etat
burkinabè vivant de l'aide extérieure ne dispose donc pas de moyens
pour s'en charger." commente cette source. Puis de renchérir "Le
ministère de la Santé a plusieurs priorités et parmi celles-ci, il
faut choisir les plus urgentes. Et la santé mentale ne fait pas
partie de celles-là". Et le Pr Arouna Ouédraogo de s'exclamer
"J'aurai été le premier heureux si la santé mentale était l'une des
priorités du Burkina". Le fait que la maladie mentale n'est ni
contagieuse, ni infectieuse comme le sida l'éloigne des priorités du
gouvernement burkinabè. D'ailleurs la Communauté internationale,
acteur et auteur de l'engouement pour la lutte contre une quelconque
affection n'en fait pas sa préoccupation.
Une offre de soins particulièrement limitée
L''horizon pour une bonne prise en charge médicale
semble invisible. La formation d'un psychiatre coûte cher. Elle
oscille entre 15 et 20 millions de F CFA et dure en moyenne 12 ans.
Le Burkina compte seulement 7 médecins psychiatres. Il dispose de 22
services de santé psychiatriques. Le service psychiatrique du Centre
hospitalier Yalgado Ouédraogo de Ouagadougou, créé en 1961, interne
en moyenne 20 personnes pour une durée globale de 14 jours. Il
dispose de 40 lits. "La norme OMS concernant l'hospitalisation est
de 3 lits pour 1000 habitants. Il y a donc encore des efforts à
faire pour assurer, une couverture sanitaire suffisante, des soins
de qualités, rapprocher les structures de soins des populations",
constate dépité le Pr Arouna Ouédraogo. Les malades existants,
il faut bien en prendre soins. Leur processus de guérison nécessite
plus ou moins une trithérapie : le traitement par le biais de la
chimiothérapie (recours médicamenteux), de la psychothérapie (soins
psychiques) et la sociothérapie (réinsertion sociale). C'est une
prise en charge dans laquelle le patient doit être en contact avec
ses amis et parents. "Ce processus coûte cher en temps et en argent.
Par exemple, pour l'achat des médicaments, nous avions du nous
réunir en famille pour le faire. A l'hôpital, le médecin nous a
recommandé d'être à l'écoute du malade et c'est ce que nous avions
fait. Cette assistance est très importante d'autant plus que
lorsqu'il y avait une tension entre le malade et un membre de la
famille ou l'extérieur, les crises recommençaient", affirme Samuel
Kaboré enseignant à l'Université de Ouagadougou qui a accueilli deux
malades. Pour Prosper Kontiébo, curé de la paroisse saint Camille de
Ouagadougou, "Si le malade est compris, choyé, il guérit vite".
Pr. Harouna Ouédraogo La stigmatisation,
signe d'intolérance
Parfois, le processus de guérison est très long et
difficile. Et il faut beaucoup de patience. "Je veillais presque
toutes les nuits. Il me fallait rentrer au pays avec des diplômes. À
la veille de l'examen de licence, on m'a emmené à l'hôpital. Le
médecin m'a dit que c'était du surmenage. Il m'a conseillé de me
reposer. Je suis rentré au pays sans rien. Pire, plus dépouillé que
lorsque j'en partais. Pour moi, c'était toute ma vie qui basculait.
Mon avenir, mes espoirs… De retour au pays, chaque jour, je
déprimais malgré le soutien de ma famille, des amis. J'étais obsédé
par mon échec. J'étais devenu une loque humaine", confie sous
anonymat cet ancien étudiant en mathématiques de l'Université de
Bordeaux en France. Sa famille et lui ont consulté des psychiatres,
des guérisseurs, mais rien à faire ! "Mes parents, fatigués, ne
pensaient plus à une possible guérison. Ils se disaient que j'aurais
dû mourir. Puis, un jour, j'ai fais la rencontre d'un ancien malade
comme moi. Il m'a compris et m'a dit que sans ma propre volonté,
rien ne pouvait être possible. J'ai commencé à reprendre mes
esprits, à redevenir humain, à voir mes échecs, à penser que je peux
mieux faire, à réessayer la vie dans toutes ses dimensions ".
Actuellement, cet ancien malade est gestionnaire dans une entreprise
de la place. Si cet ancien étudiant a eu de l'aide, ce n'est
nullement le cas de Ramata Ouédraogo. Elle s'est vue délaissée par
ses proches et surtout par son époux. "Il n'a rien fait pour me
soigner et pendant plus de 3 ans, j'ai erré toute nue dans les rues
de Ouagadougou". Les malades repoussés par leur milieu sombrent. Et
Prosper Kontiébo, curé de la paroisse saint Camille de regretter que
"Dans notre société, nous soyons pour une part responsables de leur
maladie". Néanmoins, "l'apport de l'entourage dans la guérison peut
être positif tout comme négatif. Mais, en fonction de la nature du
problème, nous essayons d'impliquer la famille, de modifier le
comportement dans le sens de faciliter la guérison", soutient le
praticien Arouna Ouédraogo. Puis d'insister "Pour un traitement
efficace, il y a nécessité de prendre en charge tôt le patient".
Trop souvent, la prise en charge tardive retarde ou amoindrit la
récupération du souffrant. Ainsi certains malades élisent domicile
dans les artères de la ville. Le rejet social dont sont victimes
les personnes atteintes de troubles mentaux fait souvent obstacle à
leurs efforts de réadaptation. Nombreuses sont les personnes qui
pensent que ceux qui ont un désordre mental sont violents et
dangereux. Seulement une minorité d'entre eux le sont. "Ils
agressent lorsqu'ils délirent ou entendent des voix ou s'imaginent
être en danger", déclare l'anthropo-psychanalytique et psychiatre
Berthe Lolo. "J'aimerais que les gens regardent les malades mentaux
d'une façon plus fraternelle même s'ils ont un écart de conduite.
Qu'on soit plus tolérant à leur égard. Ce sont des humains comme
vous et moi", exhorte l'ancien malade devenu gestionnaire. Avoir
des malades à domicile est souvent sources de frayeurs et
d'angoisses pour les familles. "Vous avez des inquiétudes quant au
comportement possible de la personne malade. Va-t-elle devenir
violente, injurieuse, s'enfuir?", se demandait continuellement
Samuel Kaboré. Parfois lorsque le malade devient violent, la famille
s'oblige à des mesures draconiennes. "Il nous est arrivé de nous
mettre à plusieurs pour l'immobiliser, le ligoter afin de le
conduire à la psychiatrie" reconnaît Samuel. Puis d'avouer avec une
pointe de regret "nous le faisions car nous n'avions pas d'autres
choix". Certains sont victimes de brimades. "Très souvent, les
gens le battent et il revient à la maison avec de grosses blessures.
Et lorsque je vois les gens agir de la sorte, cela me fait
énormément de peine et je me mets à pleurer ", s'indigne Alimata
Zoungrana, mère d'un malade. Au delà de ce sentiment de tristesse,
l'impuissance face à une maladie prend le dessus. "Cela me fait
énormément souffrir de voir mon fils, traîner ainsi dans la ville.
Mais que puis-je faire. Nous avons essayé tous les types de soins en
vain", se lamente Alamata Zoungrana, la voix brisée par l'émotion.
Les malades ne peuvent donc, du fait de leur état, participer à
la vie de leur famille. "Je ne peux pas le renier. C'est mon frère
et le même sang coule dans nos veines. Ce qui me tourmente, c'est
l'absence de complicité. Cela me manque énormément. C'est le seul
regret que j'ai. Par exemple à mon mariage et au baptême de mon
premier né, il a assisté impassible", se lamente Nouffou Yobgo,
frère aîné d'un malade
Mais le fou est parfois utile
Les "fous" courent un risque relativement plus élevé
de voir leur liberté et leur intégrité bafouées par abus sexuel ou
assassinat. Les auteurs? Des personnes à la recherche de pouvoir et
de fortunes. "J'ai rencontré une malade mentale dans la ville de
Koudougou. Elle m'a confié que la nuit, les hommes rodaient autour
d'elle…", révèle Paul Kabré, réalisateur de Fou parmi les hommes, un
documentaire de 27 mn sur la santé mentale paru en 2001. Certaines
personnes pensent qu'en faisant l'amour avec ces malades ou en
prélevant certains de leurs organes, elles peuvent devenir
puissantes ou riches. "C'est totalement de la superstition ça. La
richesse réside dans l'harmonie avec son environnement, dans les
initiatives que l'on prend", s'écrie Lamoussa Naba, parapsychologue
et géomancien. "Il n'a aucun pouvoir. Il ne fascine que les esprits
faibles ?", se moque la pédopsychiatre Cécile Dufour. N'empêche, il
n'est pas rare de rencontrer des folles traînant grossesses ou
enfants. Il a fallu bien que des gens " normaux " passent par
là-bas. Mais de ça, la société ne s'en préoccupe
guère. L'acceptation des malades, l'amélioration de leur prise en
charge, la sensibilisation des populations sont nécessaires à la
promotion de la santé mentale. C'est l'un des défis de la société
burkinabè
Médecine
traditionnelle, religion et folie
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Cheikh El Hadj Mamoudou Bandé -
imam |
Prosaïquement, c'est l'appellation "
folie " qui est couramment utilisée. Pour les
spécialistes, il s'agit de maladie mentale. La folie,
est donc une maladie et non une damnation. Il faudra
beaucoup d'explications pour ôter ce préjugé de la tête
des gens. Stéréotype, d'autant tenace que pour les
religieux et les tradipraticiens, à qui on fait
régulièrement appel pour soigner des malades, en raison
de la faiblesse de la prise en charge par la médecine
moderne, un ''fou'' n'est pas un malade, mais un possédé
ou un damné. Bon nombre de patients consultent un
guérisseur lorsqu'ils ont des pathologies mentales. "Une
fois, l'on m'a amené une personnalité dont les membres
étaient ligotées. Ses enfants m'ont expliqué que depuis
un certain temps, il a perdu la raison. Je leur ai
demandé de le détacher. Voulant savoir ce qui n'allait
pas, je me suis adressé au vieux. Mais je n'en aurais
pas le temps, puisque le malade s'est précipité et m'a
saisi par le cou en chuchotant des questions à mon
oreille. J'ai pris le temps de l'écouter et lui ai
proposé de prier. Il a accepté. Et là, j'ai pu lui faire
l'imposition des mains en invoquant Allah, le
Miséricordieux. Il s'est alors endormi pendant plus
d'une heure. A son réveil, sa première question était de
savoir où il était et pourquoi sa famille était autour
de lui", relate Cheick El Hadj Mamoudou Bandé, Imam et
spécialiste de la santé mentale. "Seule la prière
guérit"
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Chez les chrétiens également, la prière est le
seul remède de guérison. "Pour faire sortir le diable du corps
du malade, il faut trouver son point sensible. C'est-à-dire
lui faire des choses qu'il n'aime pas. Pour trouver cette
faille, il faut des heures et des heures de prière", annonce
l'Abbé Ambroise Compaoré de l'église Christ Roi de Gounghin à
Ouagadougou. L'Islam et le christianisme prône pour la
guérison, la foi en Dieu, la prière continue "car un corps
débarrassé de son démon devient un abri propice s'il est
laissé à nouveau à lui-même sans protection, c'est-à-dire sans
prière", souligne Prosper Kontiébo, religieux camélien, curé
de la paroisse Saint Camille de Ouagadougou. "Je n'ai utilisé
comme médication que la prière au nom de Jésus, le christ qui
a versé son sang pour ses enfants. Depuis ma guérison, je suis
devenu chrétienne afin de rester dans la foi et me protéger
pour l'éternité", confie Ramata Ouédraogo, ancienne
malade. Saidou Bikienga, dit Saidou Nagréongo diagnostique
d'abord les causes de la maladie en s'entretenant avec le
malade. Explore l'histoire personnelle du patient et les
symptômes de son mal. Ensuite, après des prières et des
purifications, il prescrit selon les cas, un traitement à base
de décoction de plantes. Le choix et l'usage des végétaux
dépendent des jours et de la saison. Pour Éric de Rosny,
prêtre jésuite français vivant au Cameroun et devenu
guérisseur traditionnel, il n'y a pas de séparation entre le
religieux et le profane, le visible et l'invisible. Pour lui,
la médecine traditionnelle africaine s'occupe donc et du corps
et de l'esprit. La maladie de quelqu'un est le symptôme d'un
mal collectif. Le praticien traditionnel, le ngambi chez les
Doualas du Cameroun, cherche ce qui ne va pas dans la famille.
La souffrance d'un seul est la preuve que la famille est en
conflit. Le ngambi est une sentinelle, un voyant, protégeant
les autres. Ses séances de guérison se terminent par un repas
de dénouement de la crise. "C'est aussi une technique de
réconciliation des membres d'un groupe où chacun réaffirme à
haute voix, devant tout le monde, qu'il n'a l'intention de
faire de mal à personne et que s'il le fait, il n'en est pas
conscient, il en est désolé et demande à réparer", conclut le
jésuite français. L'approche thérapeutique de la
tradipratique, du christianisme et de l'Islam considère que
les séances de guérison des troubles mentaux sont dangereuses.
Le soignant est en contact avec des forces invisibles et
malfaisantes. Aussi, selon le religieux camélien, Prosper
Kontiébo "il y a des gens désignés pour exécuter les prières
de libération délivrant quelqu'un sous emprise du mauvais
génie". Lorsque le thérapeute, son entourage ou ceux qui
l'assistent ne sont pas spirituellement armés, le génie
mauvais prend possession de leur corps lorsqu'il est délogé
d'un autre. Cheick El Hadj Mamoudou Bandé en sait quelque
chose. "Après l'une de mes séances de guérison, mon fils
More-Adine s'est évanouie parce que possédé par les génies que
je venais de chasser". Au Burkina Faso, le choix des
parents pour soit la médecine traditionnelle ou moderne, soit
les prières de guérisons chrétiennes ou musulmanes dépend de
la conviction culturelle et religieuse, et des moyens
financiers. Les thérapeutes religieux et traditionnels
n'exigent pas de grosses sommes d'argent. Presque tous le font
à titre symbolique "Nous avons séjourné à Yalgado durant près
d'un mois. J'ai épuisé tout l'argent que j'avais. Les
médicaments à l'hôpital coûtent très cher. La santé de mon
épouse ne s'améliorant pas, j'ai décidé d'essayer la médecine
traditionnelle", confie Baba Alkhai Ibrahima, l'époux d'une
malade. Les familles ont donc recours à l'une ou à l'ensemble
des trois thérapies spirituelles avant ou après celle
moderne. Le désordre mental donne lieu à toutes sortes
d'interprétations. "Les gens sont censés souffrir de maladie
mentale seulement lorsque leurs pensées, leurs émotions ou
leurs comportements sont contraires à ce qui est considéré
comme acceptable", s'offusque Diane Nama. Sylvestre Ouédraogo,
la considère comme "une simple protection de celui qui ne veut
pas être dérangé, sollicité dans ce monde devenu
matérialiste". La société forge donc certaines maladies.
"L'homme n'est humain que dans une culture. Il se construit
dans son système de valeurs. Malade, il guérira en observant
les principes de sa société", note Cécile Dufour,
pédopsychiatre. Pour le Burkinabè, l'être humain
"appartient à un réseau de relations lignagères à la fois
horizontale et verticale. Il se sent victime d'une agression
provenant soit des êtres humains soit des esprits qui peuplent
son environnement". L'affaiblissement du corps humain est donc
perçu comme conséquence, soit de l'environnement, soit des
esprits.
L'inconnu rend ''fou''
Des agressions mentales causées, il y a celles
des marabouts et des sorciers. Si les marabouts utilisent
leurs pouvoirs maléfiques pour jeter des sorts réduisant la
capacité intellectuelle de l'individu, le sorcier
anthropophage, lui, "mange l'âme" de sa victime. L'attaque de
ces deux entités aboutit soit à la mort, soit aux troubles
mentaux. Selon la psychiatre camerounaise Berthe Lolo, docteur
en anthropologie psychanalytique, la sorcellerie est un
système de gestion et de pouvoir dans un groupe par le
maniement des liens. "C'est un système qui échappe à la
connaissance du commun des mortels. On comprend que, d'emblée,
l'on puisse imputer la maladie mentale à la sorcellerie. Un
ensorceleur ne peut pas sur demande lancer un sort à une
personne qu'il ne fréquente pas. Il le lance à celle qui lui
est familière", souligne le docteur Lolo. Cette aliénation
peut être aussi l'action des ancêtres. Elle est une
représaille contre une transgression d'interdit, le manquement
à une obligation ou offense aux parents. Selon El hadj
Tiégo Tiemtoré, lmam de l'association des élèves et étudiants
musulmans, au plan religieux, "l'Islam parle de maladies
mentales qui sont des punitions divines pour éprouver". Si
dans la religion musulmane, on parle également de djinns ou
génies qui rendent malade, dans le christianisme on évoque le
diable a qui l'humain s'unit et finit par être malade
mental. Les génies provoquent, selon le parapsychologue et
géomancien Lamoussa Naba, une stupeur, une peur et des
comportements hors du commun chez la personne qui les voit.
D'où les troubles mentaux. Et cela arrive "aux personnes qui
invoquent ou pactisent avec des esprits pour obtenir la
richesse et le pouvoir", révèle Saidou Nagréongo. En Islam,
les djinns mauvais s'attaquent aux hommes "Par pur plaisir ou
en cas de transgressions de certaines règles religieuses,
comme le manque d'ablutions". Ils errent, possèdent un corps
et obligent leur hôte à les intégrer dans leur vie. "Les
mauvais esprits veulent entraîner les hommes dans la
souffrance. Ils souffrent, c'est pourquoi ils prennent
possession du corps de l'homme", mentionne le religieux
camélien Prosper Kontiébo, Dans cette catégorie, "les femmes
ou maris de nuit sont des génies qui s'unissent à une fille ou
à un garçon". Ils apparaissent pendant la nuit et au cours du
sommeil. Ils partagent la couche de l'individu choisi. Ils
prennent la physionomie d'une personne envers qui l'individu
éprouve du respect. Jaloux, le "mari ou femme de nuit" empêche
son partenaire humain d'avoir de la progéniture, une vie
sexuelle normale et parfois une bonne santé mentale. Les
femmes, possédées par eux, ne tombent pas enceintes ou font de
fausses couches répétées. Les hommes de leur côté, souffrent
d'impuissance sexuelle, de stérilité. "Certains génies se
présentent sous formes humaines ou ont l'apparence d'un arbre.
Les Mossé les appellent Tiisé. D'autres prennent des formes
animales. " Un enfant que j'ai eu à soigner voyait un
charognard blanc ou une chèvre tenant une louche " se souvient
Cheick El Hadj Mamoudou Bandé. Pour lui, "Les kinkirsi ou
jumeaux sont les nains des génies. Ils sont plus inoffensifs
mais éprouvent la personne à laquelle ils s'en prennent".
Pragmatisme et rationalité sont les réponses trouvées par
certains pour faire front aux croyances sociales liées aux
génies. Ainsi, "Quand nous ne comprenons pas les véritables
raisons d'un phénomène, nous créons des mythes de mauvais
esprits ou de démons pour fournir une explication. Des
individus les utilisent pour expliquer les maladies mentales.
Ce qui donne l'illusion de la compréhension. Et beaucoup y
croient. Il est toujours plus facile de croire à un mythe
plutôt que de reconnaître son ignorance", déplore Samuel
Kaboré, enseignant à l'Universitaté et ayant abrité deux
malades mentaux. Cette analyse est partagée par la psychiatre
et anthropo-psychanalyste Berthe Lolo : "Les djinns ou génies,
le diable et les esprits ne sont que les explications pour
décrire la maladie. On rend l'autre fou en coupant les liens
lorsque l'autre s'y attend le moins. Mais toutes les ruptures
ne deviennent pas pathologiques et graves. Les ruptures qui
deviennent pathologiques le sont parce que ne survenant pas
dans une relation simple et saine, mais dans un rapport tissé
de bout en bout par la personne qui joue le rôle du sorcier,
du génie à l'insu de la victime". Contrairement à une
maladie organique où il faut négocier avec des facteurs
physiques, le désordre mental dans la société est une question
de valeurs. Il relève des catégories du bien et du mal, de ce
qui est convenable ou de ce qui ne l'est pas. Et il se soigne
soit par les plantes ou par la parole agissante dites prières
n
R.
S.
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FOLIE Le génie n'est pas responsable de la
''folie''
"La maladie mentale est le
résultat d'un déséquilibre entre le cerveau et l'émotion". C'est
l'explication que donne Lamoussa Naba. Il est Burkinabè,
parapsychologue, géomancien de renommée internationale. Créateur des
écoles Earth Center aussi bien en Europe, en Asie qu'aux Etats-Unis,
il y enseigne la méditation, le diagnostic des maladies à plus d'un
millier de personnes.
Lamoussa Naba
Qu'est ce que la maladie mentale communément
appelée ''folie'' dans le domaine de la
parapsychologie? Lamoussa Naba (L. N.) : L'être humain
possède le cerveau et le mental. Le premier fonctionne de façon
froide et ''calculative''. Il sait additionner, soustraire et
établir des logiques. Chaque fois que l'on soumet des données au
cerveau, ce dernier établit des logiques. L'individu possède
l'intelligence émotionnelle. Et c'est cette logique émotionnelle qui
surpasse la logique établit par le cerveau. Le cerveau possède sa
logique mais ne possède pas de motivation. L'émotion est une forme
d'énergie. Elle ne vient pas du cerveau. Le cerveau sait s'adapter.
Le problème avec l'émotion, c'est qu'elle est très instable. Chaque
fois que l'émotion accepte un principe, le cerveau a la réaction qui
va avec. Et il l'enregistre comme un principe de fonctionnement. A
force de contradiction, le cerveau se surcharge. Ce modèle concerne
également et l'individu et son environnement. Dans l'environnement,
c'est la contradiction entre une façon de faire imposée par
l'entourage et l'individu qui lutte pour agir à sa façon qui
entraîne des troubles.
L'on affirme très souvent, que la maladie mentale
est due à des esprits mauvais ou génies. Qu'en est-il réellement ?
L. N. : Dès qu'on rentre dans ce domaine, c'est
l'irrationnel qui prend le pas sur le rationnel. Cela ne veut pas
dire qu'il n'existe pas de dimensions. Il existe réellement un monde
des esprits. C'est la manière dont une personne appréhende son
environnement qui fait qu'elle finit folle plutôt qu'une autre alors
que tous sont soumis approximativement aux mêmes conditions de vie.
En fait, la folie est le résultat du conflit entre le cerveau et
l'émotion. Si tous les malades mentaux avaient eu une attitude très
calme par rapport aux événements qui leur sont arrivés, ils ne
seraient pas dans leur état actuel. La raison pour laquelle les
autres donnent l'impression de garder leur situation sous contrôle,
c'est parce que le côté émotion semble être dominé. L'émotion
possède une force. Elle ne possède pas de logique. L'individu malade
a son émotion qui a détruit son sens de la logique. L'émotion ayant
pris le dessus, ce dernier se crée donc son propre monde. Et étant
donné que le fou et nous ne sommes pas dans les mêmes dimensions,
nous éprouvons de la pitié pour eux, pensons qu'ils souffrent. Plus
de 95% soit plus de 9 et demi personnes sur 10 ont les potentielles
de ce que nous appelons folie. Elle se trouve chez presque tout le
monde. Ce que nous appelons les fous font partie des 5% qui ne sont
pas équipées pour gérer une situation de conflit.
Qu'est ce que donc le génie ou l'esprit
? L. N. : A quel moment peut-on dire que l'individu
est complet ? Avant sa conception ? A sa naissance ? Ou à sa mort?
Comprendre cette énigme permet d'appréhender le monde des êtres.
L'homme est en perpétuelle maturation. Il se fait avant d'être
conçu, pendant sa conception, à sa naissance, pendant sa vie, et sa
mort. A chaque étape de son évolution, il négocie sa maturation car
l'intelligence qui fait le bras n'est pas celle qui fait le pied.
Lorsque l'individu a ce processus de maturation qui est interrompu,
il se trouve incapable de posséder un corps. C'est le génie. Et il
se retrouve parfois obligé de se promener à la recherche d'un corps
qu'il peut voler. Mais, entre le génie et l'esprit, il existe
une légère différence. L'esprit, c'est plus ou moins l'individu qui
décède sans avoir ouvert la porte de la réincarnation. La
réincarnation étant le fait de renaître et continuer à avancer pour
être pure comme les Dieux, de faire son expérience de vie en
corrigeant ses défauts, en s'améliorant, se purifiant, pour grandir.
Sont-ils bons ou mauvais et auteurs de maladies
notamment de folie ? L. N. : Les hommes sont bons ou
mauvais tout comme les esprits ou des génies le sont. Concernant la
folie, l'être humain a tendance à être effrayé par ce qu'il ne
contrôle pas ou ne connaît pas. Toutefois les génies ou les esprits
peuvent être aigris compte tenu de l'interruption de leur processus
de maturation. L'homme qui panique face à eux montre sa faiblesse.
Il se retrouve donc martyrisé. Il devient victime…
La folie peut -elle- être due à un pacte avec le
diable comme le pense une frange importante de la population ?
L. N. : C'est une superstition que de parler de diable.
Cette notion de diable est purement subjective et découle de
l'adhésion des individus aux valeurs religieuses musulmanes ou
chrétiennes.
Et la sorcellerie dans ce magma de croyance ?
L. N. : La connaissance de l'influence énergétique de la
planète terre contient le secret de tout ce qui arrive à l'être
humain. La sorcellerie est l'impact du dialogue horizontal,
c'est-à-dire de ce qui est sur la terre sur ce qui est sur la terre.
Il existe deux énergies qui vont dans des sens opposés et se
touchant parfois. L'énergie que la terre émet à partir de son centre
passe à travers tout ce qui existe sur la terre. Dans l'Est du
Burkina Faso, chez les Gourmantché, on appelle cette énergie le
baïwalé. L'autre énergie est le yénou. Elle suit la trajectoire
contraire du baïwalé parce que la terre reçoit le message des autres
planètes. Et avant que cette énergie ne parvienne au centre de la
terre, elle pénètre toute chose se trouvant à la surface de la
terre. Et ce sont ces deux forces énergétiques qui déterminent le
destin de tout ce qui existe soit sur la terre ou sur les autres
planètes. Le principe de ces deux énergies devient ce qui est à la
source même de la maladie, de la mort, de la naissance sur la terre.
La vie est donc le résultat d'un dialogue des énergies venant du
centre de la terre et celle venant des autres planètes et se
dirigeant vers l'espace.
Comment faire pour ne pas être
de la catégorie des personnes que l'on appelle folles ou malades
mentales ? L. N. : Cela dépend de la capacité de l'individu à
gérer les conflits que la société lui soumet. Plus l'individu fait
preuve de flexibilité émotionnelle, intellectuelle, d'humilité,
mieux il supporte son environnement.
Comment soigner la maladie mentale ? L. N.
: Il faut l'aide d'individus spécialisés tels les guérisseurs,
les vieux. Il y a également des herbes ou plantes qui aident à la
guérison. Dans le monde, la plupart des groupes ethniques possèdent
leurs façons d'assurer la guérison des malades. Il est important de
respecter et de maintenir les liens avec les
ancêtres.
Comment concilier médecine traditionnelle et
moderne, pour un bien-être mental de l'Africain dans une société qui
se construit de plus en plus sur le modèle occidental? L. N.
: La conciliation médicale sera difficile. L'existence de la folie
incombe à la façon dont nous Africains appréhendons le monde.
L'Africain utilise de plus en plus l'émotion. Conséquences :
nombreux sont stressés, déprimés. Ils doivent donc éviter d'accuser
le sorcier. Nos sociétés africaines donnent l'image d'une société
qui ne sait pas dans quelle direction évoluer. Elle ne ressemble pas
à celle occidentale pas plus qu'à celle africaine. Nous perdons nos
valeurs ancestrales et nous nous affublons d'idéologies extérieures
qui ne nous laissent pas le temps de penser pour nous-même.
Qu'est ce qui différencie alors un malade mental
burkinabè d'un américain ? L. N. : Côté principe de la
maladie, les deux sont identiques. La différence se trouve dans le
détail car être en bon terme avec son environnement aide, être en
bon terme avec sa lignée ancestrale aussi. Si les ancêtres sont
contents de toi, ta vie sera une vie de paix. Se passer de ce lien
engendre des troubles mentaux, psychologiques et l'autodestruction.
L'Africain n'a rien à gagner en se dénaturant n
Propos recueillis par R.
S.
Collaboration
inter-médecines Selon l'OMS, plus de 90% des
Africains ont recours à la médecine traditionnelle ou font la
conjonction entre elle et celle moderne. Au Burkina Faso,
quand bien même le Code de santé publique reconnaît la
pharmacopée, la médecine moderne travaille en marge d'elle.
"Nous n'avons pas de collaboration avec les tradipraticiens.
La société burkinabè considère que certaines maladies mentales
résultent de la possession par le génie. C'est un univers qui
relève des croyances sociales. Dans le cadre de notre démarche
diagnostique, nous sommes amenés à constater qu'un certain
nombre de patients recourent à la médecine traditionnelle
avant ou après nos soins. Je suis formé pour soigner des
malades à partir de la médecine occidentale. Il n'appartient
pas à un agent de santé de décider d'une collaboration avec la
médecine traditionnelle", argumente le Pr Arouna Ouédraogo,
chef de service de la psychiatrie de l'hôpital Yalgadogo
Ouédraogo de Ouagadougou. Cet avis n'est pas partagé par un
ancien directeur de la santé publique. Pour lui, une
coopération entre médecine moderne et traditionnelle "sera
plus porteur du fait que la maladie mentale est entourée de
croyances sociales. A celles-ci, les guérisseurs peuvent y
répondre. Pas la médecine moderne". Pour cette source, même si
le rapport entre les deux sciences doit être formalisé par le
programme de santé mentale, "il se doit d'être d'abord de
l'ordre de l'initiative personnelle. Dans certaines localités
du Burkina, cette association donne de très bons résultats.
Cela ne peut être que bénéfique à notre société". La
distanciation de la médication moderne vis-à-vis de celle
traditionnelle renforce plus ou moins la précarisation des
malades et leur isolement. "Le malade mental africain a une
toute petite place, pour ne pas dire qu'il n'en a pas dans nos
sociétés actuelles. Il ne peut être repris par le système
traditionnel où il pouvait ramener la concertation et
l'entente. Dans le système moderne, le patient devient un
poids pour sa famille. Elle ne sait plus comment le gérer",
souligne la psychiatre camerounaise et
anthropo-psychanalytique, Berthe Lolo n
R. S.
Il n'y a pas "une" mais des
"folies"
"La maladie mentale regroupe un ensemble très hétérogène de
troubles qui se caractérisent par des anomalies au niveau du
comportement, un vécu assez particulier. Chaque pathologie est
spécifique. Les formes graves de maladies mentales sont
représentées par les schizophrénies. Ce sont des troubles
chroniques invalidantes parfois. Elles évoluent le plus
souvent sur plusieurs années. Au Burkina Faso, elles
symbolisent, du point de vue du profane, l'image même de la
maladie mentale", assure le psychiatre et professeur Arouna
Ouédraogo. Selon lui, 99% des malades mentaux déambulant dans
la ville de Ouagadougou sont atteintes de schizophrénies.
C'est un trouble grave se déclarant généralement à la fin de
l'adolescence ou au début de l'âge adulte. Elle se caractérise
par des distorsions profondes de la pensée. Elle affecte le
langage, les perceptions et la conscience de l'identité. La
personne a des hallucinations auditives ou des délires… La
seconde pathologie, moins grave est la dépression, l'anxiété.
Elles sont des peurs ressenties en certaines situations. Elles
peuvent être également déclenchées de façon spontanée. Elles
se caractérisent par une tristesse, une perte d'intérêt pour
toute activité et une baisse d'énergie. La maladie mentale
est multifactorielle. Il résulte de recherches que certains
individus ont un ensemble de perturbation se situant au niveau
des substances organiques. Ce sont donc les anomalies au
niveau des neurotransmetteurs qui peuvent être à la base de
maladies mentales comme la dépression. A ce premier facteur
biologique s'accole, celui social. Un mariage, un deuil, une
catastrophe ou tout autre événement bouleversant l'équilibre
peut constituer soit des éléments déclenchant, précipitant ou
aggravant du désordre mental. Au plan de l'hérédité, la
maladie est transmise à la descendance du fait que sur le
support génétique se localise une anomalie. "Mais ce sont des
hypothèses. En définitive, on est fondé à croire que la
maladie serait due à la conjonction de plusieurs facteurs. Et
qu'un seul élément ne serait pas suffisant à induire la
pathologie", précise le spécialiste Arouna Ouédraogo. Selon
lui, tout le monde est susceptible de faire un jour ou l'autre
une maladie mentale n
Les devoirs de
l'Etat
Dans les normes, la responsabilité de la prise en charge de
la santé mentale incombe à l'Etat. Et la prévention de
celle-ci constitue normalement pour lui, une priorité.
L'article 110 du Code de santé publique stipule que
lorsqu'une personne atteinte de troubles mentaux constitue une
menace ou un danger pour elle-même ou pour autrui, son
hospitalisation dans une psychiatrie ne requiert pas le
consentement de ses parents ou de son représentant légal.
A l'article 73, il est dit qu'il n'y a ni crime, ni délit,
ni contravention lorsque l'auteur était en état de démence au
temps de l'action ou lorsqu'il a été contraint par une force à
laquelle il n'a pu résister n
La drogue rend-elle ''fou''
?
"La maladie mentale due à la drogue est un cas
particulier", fait remarquer le psychiatre Arouna Ouédraogo.
Le recours à la drogue peut être interprétée comme le
révélateur d'une difficulté. L'utilisation de substances
psycho-actives comme l'alcool, l'héroïne, la marijuana… peut
être à la base de modifications au niveau de l'organisme se
traduisant par des troubles physiques et psychiques. Les
pathologies des drogués sont l'intoxication aiguë, la
dépendance et les troubles psychotiques n
Centre d'accueil pour enfants
déficients
Ouvert le 05 janvier 2005 au sein de l'hôpital Yalgado, le
Centre d'accueil thérapeutique à temps partiel pour enfants et
adolescents, accueille les autistes et des mineurs souffrant
de troubles de langage, de difficultés scolaires, de la
psychose. Cette structure "répond au besoin des parents
d'avoir une unité de soins adaptés", déclare Adéline Bonkian,
pédopsychiatre et directrice du Centre. De sa date d'ouverture
à novembre 2006, le service a traité 234 enfants.
Actuellement, environ 100 y sont toujours. Les enfants sont
admis sur sollicitations des parents, des pédiatres ou des
écoles dès lors qu'ils constatent que l'enfant à un
comportement inadapté. La structure bénéficie de la
coopération de l'établissement public de santé de Villevrad en
France. Villevrad prête main-forte au Centre d'accueil en y
envoyant deux fois par an une équipe de spécialistes n
R. S.
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